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Brésil - aperçu historique

Au XVe siècle, le Portugal bâtit un empire maritime qui repose sur une série de ports et de comptoirs commerciaux (Madère, Cap Vert, golfe de Guinée). En 1498, Vasco de Gama parvient au port indien de Calicut, d’où il rapporte une précieuse cargaison d’épices. Une flotte portugaise commandée par Pedro Alvarez Cabral part alors sur les traces de Vasco de Gama. Elle pousse plus à l’ouest dans l’Atlantique et découvre, le 22 avril 1500, une terre inconnue que Cabral baptise Terre de la Vraie Croix. On y trouve un bois rouge, le pau-brazil, dont on tire une poudre utilisée pour teindre les tissus, et qui donne son nom à la nouvelle colonie : Tierra del Brasil. Le roi Jean III crée les capitaineries de terre et de mer, qui sont des lots de cinquantes lieues calculées à partir de la côte et qui comprennent tout le territoire jusqu’au 25e degré de latitude sud, limite fixée par le traité de Tordesillas de 1494 entre les possessions portugaise et espagnole.

En 1600, le nouveau territoire est déjà transformé par la présence portugaise. Le commerce du pau-brésil et la culture de la canne à sucre entament la forêt atlantique (mata atlantica), un espace d’une grande richesse biologique. Les populations Tupi-Guaranis, pourchassées et frappées par les épidémies, diminuent fortement. La culture de la canne à sucre, très rentable pour l’exportation, repose sur une main d’œuvre d’esclaves africains : en moyenne, 4 000 esclaves par an entrent au Brésil entre 1570 et 1670. Soumis à des conditions très dures, leur espérance de vie n’atteint pas 8 ans. Mais la colonisation se limite à quelques villes au bord de l’océan, Salvador de Bahia, la capitale, Rio de Janeiro, Sao Paulo, Recife. Les Portugais forment les bandeiras, des expéditions dont le but est de découvrir et de prendre possession de l’intérieur du continent.

Le Portugal combat également les Français qui tentent de s’implanter en 1555 dans la baie de Guanabara, puis vers l’embouchure de l’Amazone à partir de la Guyane (fondation de Cayenne en 1605). Les Hollandais s’installent plus durablement au Brésil, occupent Bahia, Recife et Natal, mais en sont chassés en 1654. Ils ont développé la production agricole et en plus du sucre, le Brésil produit du tabac, du café, du cacao, du coton, des épices (clou de girofle, salsepareille) et du cuir. En 1699, une bandeira partie de Sao Paulo découvre des gisements d’or et de diamants. Le Brésil devient le premier producteur d’or et de diamants, et plus de 100 000 esclaves sont utilisés dans les mines au milieu du XVIIIe siècle. Par les Traités des Limites de 1750 et de San Ildefonso en 1777, le Portugal fait admettre au roi d’Espagne le principe de l’uti possidetis : la terre appartient à celui qui l’occupe. Le Brésil atteint presque ses frontières actuelles.

En 1808, le roi Jean VI s’installe au Brésil pour fuir l’invasion du Portugal par Napoléon Ier. Son fils Pierre Ier proclame en 1822 l’indépendance du Brésil. L’empire fait face à de nombreuses révoltes sécessionnistes, ce qui empêche la constitution de plusieurs Etats indépendants dans l’Amérique lusophone, contrairement à ce qui s’est produit dans l’ancien empire colonial espagnol. A l’issue de la Guerre de la Triple Alliance (1865-1870), le Brésil accroît son territoire dans le bassin de La Plata, aux dépens du Paraguay. En 1888, l’empereur Pierre II abolit l’esclavage, ce qui mécontente les propriétaires terriens, entraîne le coup d’Etat militaire et la proclamation de la république en 1889. Les différends territoriaux (France, Angleterre, Argentine, Bolivie) sont réglés par la voie de la diplomatie et des arbitrages internationaux.

La crise de 1929 provoque la chute d’une république oligarchique. Le président populiste Getúlio Vargas instaure le suffrage universel à bulletin secret, qui permettra à terme l’émergence d’une démocratie. En 1960, sous la présidence de Juscelino Kubitschek (1956-1961), la capitale est transférée à Brasília. En 1964, un coup d’Etat installe une dictature militaire qui dure jusqu’en 1985. Fernando Collor de Mello est élu président de la République en 1990, mais démissionne deux ans plus tard, en butte à des accusations de corruption. Après deux mandats effectués par Fernando Henrique Cardoso (1995-2003), Luiz Inácio Lula da Silva est élu président en 2002, puis réélu en 2006.

GOUVERNEMENT

Président de la République Fédérative du Brésil : Mme Dilma Rousseff

Vice-Président : M. Michel Temer

Ministre, chef de la Maison Civile (Sorte de Matignon) : Mme Gleisi Helena Hoffman

Ministre, chef du Secrétariat général : M. Gilberto Carvalho

Ministre, chef du Cabinet de sécurité institutionnelle : M. José Elito Carvalho Siqueira

Ministre, avocat général de l’Union : M. Luis Inácio Lucena Adams

Ministre, chef du Secrétariat aux relations institutionnelles : Mme Ideli Salvatti

Ministre, président de la Banque Centrale du Brésil : M. Alexandre Tombini

Ministre, secrétaire chargé de la Communication Sociale : Mme Helena Chagas

Ministre, chargé des Questions stratégiques : M. Moreira Franco

Rattachés à la Présidence de la République

Secrétaire spéciale chargée de la politique pour les femmes : Mme Eleonora Menicucci de Oliveira

Secrétaire spécial aux Ports : M. José Leônidas Cristino

Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme : Mme Maria do Rosário

Secrétaire spécial de Politiques de promotion de l’égalité raciale : Mme Luiza Helena de Bairros

Ministre de la Justice : M. José Eduardo Cardozo

Ministre de la Défense : M. Celso Amorim

Ministre des Relations extérieures : M. Antônio Patriota

Ministre des Finances : M. Guido Mantega

Ministre des Transports : M. Paulo Sérgio Passos

Ministre de l’Agriculture : M. Mendes Ribeiro

Ministre de l’Education : M. Aloizio Mercadante Oliva

Ministre de la Culture : Mme Marta Suplicy

Ministre du Travail et de l’emploi : M. Brizola Neto

Ministre de la Prévoyance sociale : M. Garibaldi Alves

Ministre du Développement social et de la lutte contre la faim : Mme Tereza Campello

Ministre de la Santé : M. Alexandre Padilha

Ministre du Développement, de l’industrie et du commerce : M. Fernando Pimentel

Ministre des Mines et de l’énergie : M. Edison Lobão

Ministre du Plan : Mme Miriam Belchior

Ministre des Communications : M. Paulo Bernardo Silva

Ministre de la Science et de la technologie : M. Aloizio Mercadante

Ministre de l’Environnement : Mme Izabella Teixeira

Ministre des Sports : M. Aldo Rebelo

Ministre du Tourisme : M. Gastão Dias Vieira

Ministre de l’Intégration nationale : M. Fernando Bezerra Coelho

Ministre du Développement agraire : M. Afonso Bandeira Florence

Ministre des Villes : M. Aguinaldo Ribeiro

Ministre de la Peche : M. Marcelo Crivella

Cliquez ici pour voir les biographies des Ministres (en portugais)

BRASILIA

Données historiques

Nombreuses furent les suggestions proposant le transfert de la capitale brésilienne. Située à l’origine à Salvador, elle fut installée à Rio de Janeiro en 1763. On proposa ensuite de la déplacer dans le Minas Gerais (Sao João Del Rey) ou dans le Goiás.

Lorsque la République fut proclamée en 1889, le transfert de la capitale à l’intérieur du pays commença à être sérieusement envisagé (Art. 3 de la Constitution). Mais les études se limitèrent à la recherche des sites possibles, jusqu’au « Message d’Anapolis » du Président Juscelino KUBITSCHEK, le 18 avril 1956, prévoyant la création d’une « Compagnie d’aménagement » de la future capitale et proposant le nom de Brasilia pour la nouvelle métropole.

Commencée en 1957, la construction se poursuivit à un rythme accéléré et la ville fut inaugurée le 21 avril 1960.

Données géographiques et climatiques

Brasilia se situe sur le plateau central brésilien, constituant dans l’Etat de Goiás une enclave appelée District Fédéral.

Le climat est de type tropical, tempéré par une altitude de 1150 mètres. Il se caractérise par une saison des pluies commençant en septembre/octobre et se terminant en avril/mai. Les températures du mois le plus chaud (mars) sont de l’ordre de 28° pour les maxima et de 17° pour les minima ; celles du mois le plus froid (juillet) s’élèvent à 21° (maxima) et 12° (minima).

La population totale du District Fédéral est de 2.043.000 habitants (recensement 2000).

La ville de Brasilia

La capitale comprend le « plan pilote », des secteurs d’habitations individuelles et des villes satellites.

Le plan pilote est construit sur la rive ouest du lac Paranoá. Il comprend deux ailes, Sud et Nord. Entre les deux ailes s’insère un « centre », constitué d’hôtels et d’immeubles de bureaux. Les ailes sont constituées par une juxtaposition de « Superquadras », ensembles d’une dizaine d’immeubles d’habitations, séparés par des rues de « commerces locaux ».

Large de plusieurs centaines de mètres, l’Esplanade des Ministères est constituée par des hectares de pelouse, bordés de deux avenues à sens unique sur lesquelles donnent les Ministères. Leur uniformité s’oublie à la vue du Palais de l’Itamaraty, du Palais du Planalto et du Congrès, le tout se situant à l’extrémité est de l’Esplanade. A l’ouest, celle-ci est dominée par la Tour de Télévision. Au delà de la Tour de Télévision sont érigées des œuvres monumentales comme le stade, le gymnase et le monument à l’ancien président Juscelino KUBITSCHEK.

Les secteurs d’habitations individuelles sont constitués par des villas. On peut rejoindre cette zone par l’un des trois ponts qui enjambent le lac.

Les villes satellites les plus importantes sont : Taguatinga, Guará, Núcleo Bandeirante, Ceilandia, Gama, Sobradinho et Planaltina, (seule ville du District Fédéral antérieure à la construction de Brasilia).

Principaux édifices de Brasilia

Palais de l’Alvorada

Résidence officielle du Président de la République, le « Palais de l’Aube » est situé au bord du Lac Paranoá, sur une péninsule située à 2km de la Place des Trois Pouvoirs. La forme de ses colonnes, qui rappelle celle de la Croix du Sud, est devenue le symbole de la capitale, repris dans les armes de Brasilia.

Palais du Planalto

Siège de la Présidence de la République, ce palais a été inauguré le même jour que la capitale (21 avril 1960). Il est situé sur le côté nord de la Place des Trois Pouvoirs.

Palais de l’Itamaraty

Siège du Ministère des Affaires Etrangères, le Palais de l’Itamaraty a été conçu par Oscar NIEMEYER. Son nom (fleur de pierre) est d’origine indienne, il est aussi celui du premier ministre des Affaires Etrangères de la république du Brésil : Francisco da Rocha, Comte d’Itamaraty. Les jardins intérieurs, aux magnifiques plantes tropicales, sont l’œuvre du paysagiste Robert BURLE MARX. A l’extérieur, une sculpture en marbre de Carrare de Bruno GIORGI, le « Météore », semble posée sur la surface de l’eau.

Le Congrès

Le Congrès se compose d’un bâtiment principal et de deux annexes, l’ensemble a été dessiné par Oscar NIEMEYER. La salle destinée aux sessions plénières de la Chambre des Députés occupe la majeure partie du bâtiment principal ; elle est surmontée d’une coupole concave, symbole d’ouverture, tandis que le Sénat, qui lui fait face, possède une coupole convexe, symbole de réflexion. Le même bâtiment abrite les commissions ainsi que les bureaux des Présidents et des chefs de groupes parlementaires. L’originalité de cette structure architecturale est renforcée par l’existence de deux tours, reliées entre elles formant un H.

Espace Lúcio Costa

Initiative de l’architecte Oscar NIEMEYER en hommage à l’urbaniste de Brasilia. Situé sous la Place des Trois Pouvoirs, il s’agit d’une construction souterraine qui abrite une maquette de Brasilia de 170 m2, commandée en 1987, année ou l’Unesco a déclaré la ville de Brasilia « patrimoine Culturel de l’Humanité ».

Panthéon de la Patrie Tancredo Neves

Symbole de liberté et de démocratie, le Panthéon a été réalisé par Oscar NIEMEYER en hommage au Président Tancredo Neves à qui les militaires donnèrent le pouvoir en 1984 mais qui mourut juste avant son investiture. Le monument inauguré en 1986 rappelle l’envol d’une colombe. A l’intérieur, belle fresque de João Câmara représentant le martyre de Tiradentes, patriote et indépendantiste brésilien, inspiré par la révolution française, qui fut exécuté en 1792.

Mémorial Juscelino Kubitschek

Hommage au fondateur de Brasilia, ce monument est constitué d’un piédestal de 28 mètres du haut duquel Juscelino Kubitschek semble saluer sa ville. La chambre mortuaire où repose l’ancien président est un salon circulaire de 10 mètres de diamètre sous un plafond de vitraux réalisés par Marianne Peretti.

La Cathédrale

Située au début de l’Esplanade des Ministères, la Cathédrale, dont la nef est souterraine, se remarque par sa coupole symbolisant des mains qui prient pour les uns, la couronne d’épines pour d’autres. A l’extérieur, quatre sculptures de bronze de 3m de hauteur représentant les évangélistes, réalisées en 1968 par Alfredo CESCHIATTI, semblent accueillir les visiteurs. L’intérieur se présente sous forme d’un faisceau d’arches de béton où s’intercalent des vitres laissant entrer le ciel. Trois anges suspendus à des filins semblent flotter dans l’espace. Il s’agit là aussi de l’œuvre d’Alfredo CESCHIATTI ; les trois anges en aluminium fondu pèsent respectivement 500 kilos (4,25 m d’envergure), 200 kilos (3,40 m) et 100 kilos (2,22 m). Le clocher de la Cathédrale est composé de quatre cloches en bronze sorties des ateliers Pereira de Saragosa, Espagne.

L’Eglise Dom Bosco

La plus belle architecture intérieure du Brasilia monumental. Les « murs » de l’église sont composés de haut en bas de milliers de morceaux de verre dans toutes les nuances de bleu et de mauve. L’effet de luminosité est fantastique. Ce fut la première œuvre et le coup de maître d’un jeune architecte, Carlos Alberto NANES. Un lustre énorme (2.700 kg) en cristal de roche sert de contrepoids à la structure.

Le quartier des ambassades

Chaque ambassade a été construite par des architectes différents, le plus souvent dans le style de chaque pays. Ainsi celle d’Espagne ressemble à une Alhambra de béton et celle de Suède comporte plusieurs chalets.

L’Ambassade de France

A l’origine, le projet de l’Ambassade de France à Brasilia fut confié à Le Corbusier, compte tenu de ses étroites relations avec les deux concepteurs de la capitale : Lúcio Costa pour l’urbanisme et Oscar Niemeyer pour l’architecture. Toutefois, la mort de Le Corbusier en 1965 et la longue période écoulée entre la mise au point du projet et la décision effective de construire l’Ambassade (1970) ainsi que l’apparition de besoins supplémentaires en surface bâtie rendirent nécessaire une réévaluation d’ensemble.

Un nouveau projet a ainsi été élaboré. Celui de Le Corbusier prévoyait une surface construite de 5.000 m2 de plancher alors que le nouveau projet couvrait le double de cette superficie.

L’Ambassade se trouvait à Rio de Janeiro jusqu’en 1976. Le suivi du transfert des ambassades de Rio à Brasilia a été confié au Conseiller Wladimir Murtinho à qui l’on doit la distribution des terrains et l’exemption d’impôts sur l’ensemble des matériels de construction.

Les esquisses préliminaires et l’avant projet général sont l’œuvre de Guillermo Jullian de la Fuente, architecte d’origine chilienne, ancien collaborateur de l’atelier de Le Corbusier. La chancellerie s’inscrit sur le dessin d’une croix. L’Ambassade et la Résidence ont été construites entre janvier 1972 et décembre 1974. Un an après le début du chantier on a décidé d’effectuer une extension qui correspond aux locaux occupés aujourd’hui le Service de Presse, le Service de Coopération et d’Action Culturelle, l’Espace Le Corbusier et des logements de fonction. Les travaux ont été suivis par l’architecte français Louis Bach. La construction a été réalisée par la société Dumez du Brésil. Les locaux ont été inaugurés le 29 janvier 1976 par M. Jean Sauvagnargues, Ministre français des Affaires Etrangères.

La Résidence de France

Comme les autres bâtiments de l’Ambassade les esquisses préliminaires et l’avant projet de la Résidence sont l’œuvre de Guillermo Jullian de la Fuente, disciple de Le Corbusier et présente le dessin d’une croix. La Résidence a été construite entre janvier 1972 et décembre 1974 et a été inaugurée en 1976 par le Ministre français des Affaires Etrangères.

Entourée de grands espaces verts plantés de palmiers et d’une grande variété d’arbres, la Résidence de France ne possède qu’un seul étage. Le bâtiment aux larges baies vitrées permet une ouverture optimale sur l’extérieur et les jardins. La force dégagée par l’utilisation massive et systématique du béton brut est ainsi tempérée par les larges surfaces vitrées, la douceur des encadrements en bois tropical ainsi que par les sols en marbre des salles de réceptions.

Les œuvres d’art qui décorent la Résidence ont été choisies en fonction du style architectural de l’Ambassade. Deux très belles tapisseries de Beauvais de l’artiste A. Agam, qui ont appartenu au Palais de l’Elysée, décorent la salle à manger.

L’entrée principale a une allure de galerie d’art puisqu’elle aaccueille une tapisserie d’Aubusson « Bogota » d’après Le Corbusier, une sculpture sans titre de Franz Krajberg, des tableaux de Tissier « Respiration d’oiseau » et « Secret de Pierre », une photogravure de Pierre Buraglio « Nuit du 4 août » et une sérigraphie de Daniel Dezeuze.


publié le 13.09.2012

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